
Upperloc ! est avant tout l’exposition d’un espace, celui de la galerie d’art contemporain de l’université Paris 8 (Saint-Denis). Il s’agit de la transplantation (même échelle, même orientation géographique) de la Galerie dans l’espace du théâtre du Garde Chasse. C’est cet espace qu’un groupe d’artistes est invité à investir le temps de Lil’art.
Upperloc ! présente le travail de 7 jeunes artistes qui ont en commun le souci d’une redéfinition du réel, qu’il s’agisse d’un réel organique, d’un réel écologique ou d’un paradoxal réel médiatique et cinématographique.
Enfin, Upperloc ! — néologisme qu’on traduirait par « sur localisation » — peut aussi se lire comme une exclamation devant les œuvres présentées comme autant de manières inédites d’habiter un monde complexe.


Artistes
Caroline Bergoin
Caroline Bergoin propose un sampling d'extraits de films du réalisateur Michelangelo Antonioni (l'Eclipse (1962) et Le Désert rouge (1964)). Outre la technique de dé-montage/re-montage, la vidéo Monica (2005) nous plonge dans l'esthétique autant picturale que sonore des films d’Antonioni. Caroline Bergoin ne se contente pas de restituer le cinéma d’Antonioni, elle en déconstruit les narrations, les plans, les sons et les enchaînements. Les différents rôles endossés par l’actrice Monica Vitti — égérie des films d’Antonioni — finissent par se fondre en une errance mélancolique. Finalement il ne reste que le déplacement de l’actrice Monica Vitti pour faire le lien entre les images.
Alice Bourgeois
Dans la série de photographies Glamourama, Alice Bourgeois utilise Barbie comme égérie pour montrer l’utilisation abusive qui est faite du corps de la femme. L’image de Barbie est d’autant plus intéressante que, cette poupée à l’allure inoffensive, structure l’idéal des petites filles occidentales.
Avec Accroc (vidéo), Alice Bourgeois reprend ce questionnement autour de l’image de la femme véhiculée par les médias à travers la publicité dans les magazines féminins. L’artiste part du constat qu’on consomme l’image de la femme comme on consomme de la lessive, du papier toilette, une machine à laver ou encore du dentifrice.
A travers ses investigations plastiques (photographie, installation, vidéo), Alice Bourgeois s’inscrit dans la lignée d’artistes contemporaines comme Vanessa Beecroft, Les Guerilla Girls et Cindy Sherman.

Gaia Fugazza
La vidéo de Gaia Fugazza pourrait être une photographie. Dans un long plan quasiment fixe, on y découvre une chambre baignée par la lumière matinale, puis un lit sur lequel une jeune femme est allongée. Evoquant à la fois une ambiance impressionniste et le climat inquiétant des nouvelles d’Edgar Poe, la vidéo de Gaia Fugazza traite de l' attente, de la peur et de la confusion des sentiments.
Dominique Gonin-Peysson
A chaque instant, les médias nous assènent parfois jusqu’à la nausée, une masse de données. Bien que ces données renvoient au « monde », le lien entre elles n’est pas toujours évident. Qu’adviendrait-il si notre cerveau, saturé d’informations, perdait pied ? Dominique Gonin-Peysson, entreprend dans Rhizomonde (vidéo) un cheminement à la fois poétique et critique à travers la restitution singulière d’informations glanées au fil des pages du journal Le Monde.
L'intégrateur de Marcel — dont le titre fait directement référence à l’artiste Marcel Duchamp — propose de tester les visiteurs de Lil’art. Il détermine de manière conforme aux règles du monde de l’art (c'est-à-dire de manière totalement aléatoire) si le visiteur doit être expulsé ou autorisé à rester dans « notre » espace. Pour Lil’art, le territoire réservé aux étudiants de Paris 8 a été délimité par un marquage au sol. Mais sur quel critère allons-nous nous baser pour définir si les visiteurs doivent ou non être expulsés de « notre territoire » ? Ne doit-on pas demander au visiteur de se plier à certaines règles pour pouvoir rester chez « nous » ?

Marie Le Saout ,
Boite à illustration "Jeanine Chalumo"

Edouard Sufrin,
Avec l’installation Underground Vegetal Army, Edouard Sufrin propose une nouvelle forme de résistance écologique. Ici les végétaux ne sont plus utilisés pour leurs vertus décoratives, mais pour leur capacité à corriger les excès de l’homme. Dans Underground Vegetal Army, Edouard Sufrin organise une guérilla urbaine dans laquelle différentes variétés de plantes phytoextractrices prennent le contrôle des réseaux souterrains pour éliminer métaux lourds, hydrocarbures, déchets toxiques ou radioactifs.

Laura Tristan Flores
Chaque jour, Laura Tristan-Flores croise ses voisins qu’elle salue poliment comme le veut l’usage. Rapidement, l’artiste trouve cette situation assez bizarre : « Je trouvais étrange qu'après avoir habité six mois dans l'immeuble, je ne connaissais personne en dehors de mes colocataires ». Pour remédier à cette situation, Laura Tristan-Flores décide de s’inviter chez ces derniers. Dès lors les voisins de Laura Tristan-Flores ne seront plus des inconnus. Mes Voisins constitue une sorte de compte-rendu photographique de cette performance « domestique » réalisée en mars 2005.

Vanessa Luna
Avec Deep Red, Vanessa Luna propose une série de portraits photographiques. Les jeunes hommes photographiés par l’artiste sont tous grimés de rouge à lèvres. Par ce seul signe distinctif l’artiste parvient à rendre flottante l’identité sexuelle de ces individus. Au delà de la simple identité homme/femme, le rouge à lèvres tend aussi à gommer les différences entre les visages tant et si bien que ces portraits singuliers finissent par se fondre en un seul.

Caroline Bergoin (née à Lyon en 1982)/Alice Bourgeois (née à Avignon en 1981)
Gaia Fugazza (née à Milan en 1985)/Dominique Gonin-Peysson (née au Puy en Velay en 1968)/Vanessa Luna (née en 1979)/Edouard Sufrin (né à Paris en 1983)/Laura Tristan-Flores (née à Lima, Perou, en 1977).
Upperloc ! tient particulièrement à remercier Virginie Courouge ainsi que l’ensemble de l’équipe technique du Théâtre du Garde Chasse.
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